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Hausse des prix de la téléphonie mobile en côte d’ivoire : Opérateurs ou consommateurs, qui aura le dernier mot ? 


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Publié le Jeu 13 Avril 2023 302 Vue(s) [230 articles]


Image d'illustration

La question qui taraude les esprits en ce moment en Côte d’Ivoire, c’est bien celle de savoir qui des consommateurs et des opérateurs de la téléphonie mobile dans ce pays aura le dernier mot, dans le bras de fer qui oppose ces deux parties : la pomme de discorde le coût du mégaoctet internet qui est passé de 0,8 à 1 francs CFA. Bien malin celui qui prédira juste la fin de cette bagarre.

C’est une guerre sans merci qui s’est déclenchée le 6 avril 2023 en Côte d’Ivoire entre les consommateurs et les sociétés de téléphonie mobile, avec l’entrée en vigueur des nouveaux prix de la communication téléphonique et la connexion Internet. Le communiqué de l’Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d'Ivoire (Artci) datant du 5 avril 2023 et motivé par la décision n° 2023-0834 du 12 janvier 2023 portant encadrement des offres de services sur le marché de détail de la téléphonie mobile, ‘’ conformément aux dispositions légales et règlementaires’’ a mis le feu aux poudre. Enjoignant à Orange, Mtn et Moov – Africa de se conformer à l’ordonnance ci-dessus citée, 6 avril 2023 ces opérateurs ont affiché de nouveaux prix que les consommateurs estiment trop élevés pour leur bourse. Pis, en raison même de certains ‘’ abus’’ qu’il n’avait cessé de dénoncer depuis le 12 octobre 2021, le journaliste, patron de presse et député de la nation Assalé Tiémoko est monté au créneau pour fustiger cette décision.

André Silver Konan également journaliste et patron de presse, Jean Bonin, juriste et influenceur, l’influenceur Shérif Tall, l’artiste Safarel Obiang, et plusieurs autres célébrités ivoiriennes ont réagi dans le même sens que le député idépendant Assalé Tiémoko. Les commentaires sous ces vidéos et publications sur la toile démontrent l’adhésion sans réserve des internautes à ce combat. Au point que, en l’espace de quelques heures, ces leaders et les consommateurs ont décidé de prendre des mesures coercitives symboliques contre ces opérateurs ; suspendre la navigation internet en se déconnectant de tout réseau internet à partir de 12 heures jusqu’à 14 heures les jours suivants.



 

On veut minimiser l’affaire et pourtant…

 

L’onde de choc de cette réaction est telle que rapidement les autorités compétentes se trouvent dans l’obligation de calmer le jeu. Le 7 avril, soit 24 heures seulement après la mise en œuvre de la mesure, des tractations ont cours pour trouver un antidote au poison qui est en train de monter au sein de la population. Les ivoiriens qui ont longtemps encaissé en silence les abus demandent des explications pour ces prélèvements qu’ils subissent de la part de ces opérateurs pour des services auxquels ils n’ont jamais souscrit. Les consommateurs veulent aussi comprendre pourquoi les datas ainsi que les pass de communication téléphonique qu’ils ont pourtant acquis leur sont arrachés et revendus.

Dans la foulée de ces nombreuses interrogations, le député Assalé Tiémoko fait une nouvelle publication pour inviter encore les consommateurs à suivre sa déclaration sur sa page Facebook le lendemain à 10 heures 30 minutes. Et là il annonce la bonne nouvelle. Il affirme avoir échangé avec le président du conseil de régulation de l’Artci Coty Souleyman et la direction générale de cette même agence. Il annonce que les anciens prix seront rétablis mais que le combat est loin d’être gagné. Il les invite donc à la vigilance.  

L’affaire a tellement secoué cet environnement que le ministre de la communication Amadou Coulibaly dit Am’s doit intervenir sur les antennes de la télévision nationale. Il vient apporter des éclaircissements. Contrairement à ce que l’on croit, le ministre affirme que c’est l’Artci, conformément à la décision du 12 janvier 2023, qui a instruit les opérateurs pour se mettre en règle. Mais, à l’en croire, le processus de fixation du prix du Data internet aurait débouché conséquemment sur cette nouvelle tarification qui résulte de la cessation de subventionnement auxquels les opérateurs eux-mêmes se livraient pour permettre à leurs clients de se connecter. « Les usagers n’étaient pas nombreux et cela ne coûtaient pas grand-chose aux opérateurs de les subventionner. Aujourd’hui avec le nombre d’usagers de l’internet devenu plus important, il va de soi que cette subvention n’est plus possible. D’où l’augmentation qui a pu découler et que l’on constate » explique-t-il. Cependant il jette la ‘’balle de tennis’’ à la figure des leaders de la contestation qui voudraient selon lui faire croire que les opérateurs aient reculé à cause de leur pression.

 

Les investissements pour garantir la qualité du service de la téléphonie mobile, la raison suffisante pour faire grimper les prix ?

 

Les réactions des internautes ne se font pas attendre. Les uns demandent au ministre d’expliquer comment des sociétés commerciales qui produisent elles-mêmes l’internet et dont le but avéré est de réaliser des bénéfices peuvent subventionner la consommation de leurs propres clients ? le site afriksoir de André Silver Konan quant à lui explique la situation en des termes plus simples, pour permettre au citoyen lambda d’y saisir quelque chose. Parce que pour d’autres internautes, « …les termes trop techniques dans lesquels le porte-parole du gouvernement a essayé d’expliquer cette affaire achèvent d’embrouiller le pauvre contribuable ». Alors le confrère explique que l’autorité de régulation Artci est le ‘’gros –bras’’ (ndlr ; défenseur en Nouchi) désigné par le père (l’Etat) pour protéger son ‘’kpèkpèro’’ (ndlr ; son fils en Nouchi) et défendre ses droits. « Curieusement, alors que les opérateurs se livrent la concurrence en offrant plus au consommateur, l’Artci censée protéger  les consommateurs les rappelle à l’ordre en exigeant qu’ils commencent par facturer à partir de 1 f CFA le mégaoctet internet au lieu de 0,8f comme par le passé. Et pis, les opérateurs en se concertant offrent désormais des pass de communication à partir de 200 f CFA et ont le droit de réduire le volume du pass ». Un peu comme si un avocat s’entendait avec le bourreau de son client pour affaiblir celui-ci. Comment comprendre cela ? C’est pourtant ce qu’ils donnent l’impression de faire, en espérant, une fois de plus que le consommateur ne réagisse pas.

Malheureusement pour eux, la pilule-ci ne passe pas et la tournure des évènements recommande un peu de prudence. Les internautes ne comprennent pas que les dispositions techniques qui ont servi à basculer dans la nouvelle tarification, en l’espace d’une journée, ne puissent pas être aussi facilement balayées pour un retour immédiat aux prix d’avant. Ils ne s’expliquent pas qu’il faille patienter jusqu’à trois semaines encore pour un retour à la normalité. « Ça sent l’arnaque et ça, nous aviserons ! » grogne Richard. B et de poursuivre « puisque l’état dit que cette tarification est illégale, les pass non conformes que vous nous faites payer en ce moment qui va nous les rembourser ? »

L’opérateur Moov Africa a observé la décision de l’Artci indiquant la suspension de l’application des nouveaux tarifs. Orange et Mtn n’ont, quant à eux, pas encore réagi et le député indépendant Assalé Tiémoko n’a pas cessé de maintenir la pression. Il a demandé aux consommateurs de rester vigilants car, pour l’instant, il ne s’agit pas vraiment d’une victoire, puisqu’une suspension est différente de l’annulation pure et simple de cette décision.

L’on suspecte l’Artci et les opérateurs de vouloir ruser pour prendre les consommateurs à l’usure. Et ces derniers menacent d’aviser si d’aventure c’était le but de l’autre partie. Rien n’est donc encore joué dans ce bras de fer. En attendant, le boycott se poursuit et de nouvelles stratégies sont étudiées pour faire plier les décideurs, même si de l’autre côté il est prétexté de vouloir, par ces décisions, assainir la concurrence entre les opérateurs, assurer la protection des consommateurs et assurer un développement pérenne du marché de la téléphonie mobile à travers d’importants investissements qui auraient été réalisés.

La pression demeure donc et bien malin qui prédira avec justesse celui qui sortira victorieux de ce bras de fer.

 

Orso Kanon 

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