La question de la mobilité urbaine, véritable pilier du bien-être des populations et levier de développement économique, s’est imposée comme un enjeu central lors du premier Forum de la Mobilité Urbaine en Côte d’Ivoire, tenu ce mercredi 9 juillet à l’auditorium de la Maison des Entreprises, dans la commune du Plateau.
Cette rencontre inédite a réuni un aréopage d’acteurs issus des services publics, du secteur routier, de l’urbanisme ainsi que des partenaires techniques et financiers, tous animés par la volonté commune de repenser l’avenir des transports dans un pays en pleine mutation.
Dans ce contexte de réflexion stratégique, le Ministère de l’Équipement et de l’Entretien Routier, bras technique du gouvernement en matière de développement d’infrastructures routières, a brillamment apporté sa contribution. Représenté par son Directeur de Cabinet Adjoint, Monsieur Stéphane Ezoa, ingénieur des travaux publics, le ministère a su éclairer les débats en retraçant le chemin parcouru par la Côte d’Ivoire dans le domaine des infrastructures, tout en dessinant les contours d’une vision ambitieuse pour les décennies à venir.
Dans son intervention lors du panel inaugural avec pour thême : « Mobilité de demain : Les projets du futur », Monsieur Ezoa a dressé un constat lucide, rappelant que jusqu’en 2011, le réseau routier national se trouvait dans un état de dégradation avancée, marqué par un déficit criant d’infrastructures capables de répondre aux besoins croissants des citoyens et de soutenir le développement économique. Face à ce tableau peu reluisant, l’État de Côte d’Ivoire a engagé, sous la houlette du Président de la république, Son Excellence Alassane OUATTARA, une politique résolue de reconstruction et de modernisation du réseau routier national. « Il ne suffit pas de construire des routes, il faut aussi veiller à leur entretien », a-t-il affirmé, insistant sur l’importance d’une approche pérenne pour garantir la qualité et la durabilité des infrastructures.
Grâce à des investissements massifs estimés à plus de 4000 milliards de francs CFA, le pays a amorcé une transformation profonde de son réseau routier. À ce jour, ce vaste programme a permis le renforcement de près de 1967 kilomètres de routes dégradées, la construction de 241 kilomètres d’autoroutes neuves, le bitumage de 1927 kilomètres de nouvelles voies, la réalisation de plus de 440 ponts et l’aménagement de 966 kilomètres de voiries urbaines. Ces efforts colossaux ont considérablement contribué à la fluidification du trafic, à la désenclavement des localités reculées et à l’amélioration des conditions de vie des populations.
Toutefois, loin de s’arrêter à ces acquis, la Côte d’Ivoire se projette résolument vers l’avenir. Le Directeur de Cabinet Adjoint a ainsi dévoilé plusieurs projets structurants qui dessineront la carte des transports de demain : l’autoroute Bouaké vers les frontières du Mali et du Burkina Faso, le corridor autoroutier Abidjan-Lagos, l’autoroute de l’Est reliant Thomasset à Adzopé, ainsi que l’aménagement de 2500 kilomètres de routes neuves et le renforcement de 1900 kilomètres d’infrastructures existantes. Cette vision, portée par une ambition de modernité, vise à asseoir durablement la compétitivité du pays tout en facilitant les échanges économiques et humains à l’échelle régionale.
Cependant, au-delà des projets d’envergure, plusieurs défis subsistent. Monsieur Ezoa a attiré l’attention sur la nécessité impérieuse de garantir des ressources financières constantes pour assurer l’entretien du réseau routier, sans lequel les investissements consentis risquent de s’éroder avec le temps. Il a également évoqué la problématique des congestions urbaines, exacerbées par une urbanisation galopante, plaidant pour une meilleure gestion des carrefours et des flux de circulation. Enfin, il a souligné l’importance d’intégrer les technologies innovantes, notamment l’intelligence artificielle, dans la planification et la gestion des infrastructures, afin d’optimiser les interventions et de garantir une utilisation efficiente des ressources.
Le premier Forum de la Mobilité Urbaine aura ainsi permis de jeter les bases d’une réflexion collective sur les grands enjeux de mobilité en Côte d’Ivoire. Il aura surtout donné à voir la détermination du Ministère de l’Équipement et de l’Entretien Routier à inscrire son action dans une dynamique d’excellence, d’innovation et de durabilité. Car au-delà des routes, ce sont les vies humaines, l’économie nationale et la cohésion sociale qui se jouent à chaque carrefour, à chaque pont, à chaque kilomètre de bitume. La route, en Côte d’Ivoire, est bien plus qu’un simple ruban d’asphalte : elle est un trait d’union entre les hommes, les territoires et les ambitions du pays.
Secom