Publié le Ven 14 Juin 2024 419 Vue(s) [62 articles]
Les autorités ivoiriennes ont entamé des discussions avec les grandes plateformes américaines sur des dossiers tels que la régulation et la monétisation des contenus diffusés sur les réseaux sociaux.
Le ministre de la Transition numérique et de la Digitalisation, Ibrahim Kalil Konaté, est en campagne pour un meilleur encadrement des activités des grandes plateformes technologiques en Côte d’Ivoire. Selon nos informations, sur instruction du Premier ministre Robert Beugré Mambé , Ibrahim Kalil Konaté et son équipe travaillent notamment à une meilleure taxation des activités de Google et de Meta sur le territoire, ainsi qu’à la mise en place de la monétisation des contenus produits et diffusés sur You Tube, la plateforme de vidéos en ligne de Google. Pour ce faire, le ministre a échangé avec des responsables de ces entreprises, aux États-Unis et en Côte d’Ivoire.
Malgré les millions de vues que les artistes et producteurs de contenus génèrent sur la plateforme, peu arrivent à les monétiser faute d’accord sur le sujet entre la maison mère de la plateforme de vidéos en ligne, Google et le pays.
Actuellement, sur YouTube, les artistes ont donc deux options pour récolter les fruits de leur production. La première consiste à créer une chaîne avec une adresse IP dans un pays où la monétisation est accessible – ce qui est le cas en France. La deuxième nécessite de se faire représenter par une société de distribution qui s’occuperait de faire les réclamations auprès de l’ensemble des plateformes, tout en prélevant un pourcentage. Dans les deux cas, les vues des utilisateurs basés en Côte d’Ivoire sur YouTube ne rapportent pas d’argent, faute d’accord sur la monétisation.
Taxer l’achat de publicité sur Facebook
« La monétisation des vues fait référence au processus par lequel les créateurs de contenus peuvent gagner de l’argent en affichant des publicités sur leurs vidéos. Il faut, pour cela, que les comptes respectent les critères d’éligibilité de la plateforme afin d’afficher les campagnes des annonceurs », explique Marc André Niang, professionnel de l’industrie musicale. Il faut compter en moyenne 1 000 euros pour 1 million de vues dans des pays où la monétisation existe. Plusieurs facteurs sont également à considérer : le taux d’engagement de la communauté sur la vidéo, son interaction avec les publicités, le temps de visionnage, etc. Ce montant évolue en fonction des années et des règles fixées par YouTube.
Pour l’heure, l’État ivoirien, lui, ne perçoit aucun revenu dans ce qu’il considère être une niche fiscale. En Afrique francophone subsaharienne, seul le Sénégal a réussi à mettre en place cette monétisation. C’est à ce sujet que, le 13 juillet 2023, le président de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (Haca) de Côte d’Ivoire, René Bourgoin, a lui aussi eu une séance de travail avec Google au Kenya. Et, un mois plus tard, c’est à Dubaï qu’il s’est entretenu avec Meta.
Sur le continent, la monétisation des contenus est pour l’heure accessible dans une dizaine de pays ayant conclu des accord avec le géant de Menlo Park, majoritairement au Maghreb, et en Afrique australe et de l’Est.
Guerre informationnelle
En quête de revenus issus des plateformes, la Côte d’Ivoire a également décidé, dès 2022, de taxer les annonceurs qui s’offrent de l’espace publicitaire sur leurs sites. « Dans le cadre de l’élargissement de l’assiette fiscale, la direction générale des impôts de Côte d’Ivoire étend progressivement le champ d’application de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à de nouveaux acteurs économiques. Ces nouvelles dispositions, qui sont inscrites dans l’annexe fiscale 2022, visent les opérateurs des plateformes numériques de marché en ligne. Dorénavant, ceux-ci paieront 18 % sur les commissions, au titre de la TVA », explique un communiqué du Trésor public.
L’autre sujet majeur actuellement sur la table est la régulation des contenus. S’attaquer aux fake news et à la guerre informationnelle sur les réseaux sociaux reste un défi, à un an de l’élection présidentielle. Là aussi, le pays souhaite renforcer les textes de l’Autorité de régulation des télécommunications de Côte d’Ivoire (ARTCI) et se doter d’une réglementation pour protéger les citoyens face aux plateformes.
(Jeune Afrique)
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