Publié le Dim 19 Mars 2023 453 Vue(s) [62 articles]
Des journalistes rassemblés à l’amphithéâtre du district de l’université Félix Houphouët Boigny d’Abidjan – Cocody, pour une conférence et un panel ce 16 mars 2023, ont été pris pour cibles avec d’autres invités, par des éléments de la fédération estudiantine et scolaire de côte d’ivoire (Fesci) apprend-t-on de sources concordantes.

Selon des témoignages recueillis sur place, il s’agit de André Sylver Konan journaliste et patron de presse, Jean Claude Coulibaly, président de l’union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire (Unjci) et Marie Laure N’goran, journaliste à la radiodiffusion télévision (Rti) présents respectivement pour tenir la conférence inaugurale et participer à un panel, à l’occasion de l’investiture du président de l’association des étudiants en communication (Adescom).
Plusieurs témoins soutiennent que le commando Gestapo de ‘’fescistes’’ (membres de la Fesci) conduit par Aude Adéba Kenza dite "La Pharaonne", étudiante en Master 2 de Sciences politiques et des Organisations, a débarqué sur les lieux pour semer des troubles en débranchant la sono et posant des actes de violences, de sorte à semer le trouble sur les lieux. Les membres du commando n’ont pas donné d’explication et ont plutôt intimé l’ordre aux invités de quitter immédiatement les lieux, sous peine d’être violentés. « Nous ne nous sommes pas faits prier pour nous exécuter », raconte l’une des victimes sous le sceau de l’anonymat. Cette même personne décrit le comportement de la jeune femme ‘’aux allures de garçon manqué’’ et sa bande comme rappelant curieusement une attaque de microbes ou de voyous. « Nous sommes vraiment choqués que dans un pays de droit et de surcroît sur le temple du savoir, des comportements de loubards comme ceux-ci puissent prospérer », a dénoncé un étudiant interrogé sur les lieux mais qui a refusé de décliner son identité par peur des représailles.
Un climat de terreur sur le temple du savoir
L’information a fait le tour des réseaux sociaux les minutes suivantes. Devant la vague de condamnation des internautes, la direction de la Fesci est rentrée en contact avec le président de l’Unjci pour se désolidariser des auteurs de ces actes. Renchérissant, dans son intention de faire la paix, une délégation de la direction de ladite organisation s’est rendue au bureau du président de l’union nationale des journalistes de côte d’ivoire ce 17 mars 2023, pour présenter des excuses. Sauf que ni le secrétaire général Allah Saint Clair dit Makélélé, ni Aude Kenza Adeba, (la cheffe du commando Gestapo, qui a mené l'action) n’était présent. Jean Claude Coulibaly a donc demandé à ses hôtes de revenir avec l’étudiante et de préférence en présence du secrétaire général de la Fesci. Pour plusieurs journalistes interrogés sur cette affaire, la réaction de leur président est sage. « L’attitude de la direction de la Fesci qui a aussitôt présenté des excuses est à saluer. Mais, évidemment, ce serait faire preuve d’une grande légèreté que d’accepter ces excuses sans chercher à comprendre les faits » selon un proche des victimes.
La jeune dame qui a dirigé cette expédition punitive est secrétaire à l’organisation adjointe de la section Fesci-LLC-ICA de l'université de Cocody. Donc formellement elle est identifiée. Selon des témoignages concordants, plusieurs fois, elle se serait illustrées ainsi, comme une faiseuse de sales besognes. « Et ce que vous avez vu là c’est notre train-train quotidien. Ces agressions de la Fesci sont récurrentes sur le campus, au préjudice d’étudiants ou même de visiteurs. Cette organisation se livre au racket des étudiants, elle impose son diktat également quant aux questions de logements, et nous violente régulièrement. Tous ceux qui ne partagent pas la vision de la Fesci et qui font de la résistance sont à sa merci. Pour cela nous sommes peut-être ici au temple du savoir, mais dans une terreur que vous n’imaginez même pas. On risque de se faire tuer et puis cela ne servira à rien » nous explique G.B.A étudiant. Et notre interlocuteur de conclure qu’en déclarant donc que ce qui est arrivé aux journalistes est du fait d’éléments incontrôlés, les camarades de Makélélé ont menti pour couvrir leurs ‘’ chiens de chasse’’.
Meme si complot il y avait eu, cela ne pouvait pas forcement être dirigé contre les journalistes
Cependant, selon d’autres personnes interrogées à l’université de Cocody, même si complot il y avait eu, cela ne pouvait pas forcément être dirigé contre les journalistes. Même s’il faut reconnaitre que la Fesci n’a pas toujours apprécié le travail de la presse ivoirienne. « Mais je ne pense pas personnellement qu’ils aient décidé de faire la peau aux journalistes. La preuve ; ils n’ont porté main à personne » nous explique Léa.L.K également étudiante. A ses dires, le vrai problème serait un conflit de leadership entre les responsables de la Fesci et Vessaly Traoré, un étudiant en Sciences de l'information et de la communication, fraichement élu président de l'association des étudiants en communication de l'Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Ce dernier, trop libre dans sa tête, exaspérait les patrons de la Fesci par des positions qu’il aurait prises. Lesquelles ? Notre interlocutrice ne nous en dit pas plus. Néanmoins, elle soutient que la Pharaonne et ses éléments seraient intervenus ainsi pour lui rappeler que le vrai patron à l’université de Cocody c’est Makélélé. Les journalistes n’auraient ainsi subi que les effets collatéraux de cette guéguerre.

Sauf que l’on se rappelle aussi que ces derniers temps, le traitement de l’information relative aux violences survenues à l’université Nangui Abrogoua entre la Fesci et l’Association des étudiants musulmans de Cote d’Ivoire (Aemci) n’avait pas été du goût du groupe de Makélélé. Même un reportage de la nouvelle chaine ivoirienne (Nci) relatif à des violences commises sur le campus et qui aurait incriminé la Fesci avait mis les responsables de ce syndicat dans une colère noire. Ont-ils par voie de conséquence décidé de faire d’une pierre deux coups ? « Non, il n’en est absolument rien. Etant en déplacement je ne voudrais pas faire de commentaire sans maitriser les détails de cette affaire. Mais il m’a été rapporté que ce sont les éléments de la Fesci qui ont fait la mobilisation pour remplir l’amphi. Et le secrétaire s’attendait à avoir la parole pour faire aussi une allocution ; ce qui lui a été refusé par les organisateurs. Il y a eu des discordes avec les responsables de l’Adescom. Ses éléments n’ont donc pas apprécié et ont décidé de vider la salle de ceux qu’ils avaient invités » coupe court Allah Saint Clair que nous avons joint au téléphone depuis l’Espagne.
Orso Kanon
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