Publié le Ven 20 Décembre 2024 466 Vue(s) [307 articles]
Le président du Rassemblement démocratique Ivoirien s'est adressé aux jeunes de Côte d'Ivoire, ce vendredi 20 décembre 2024. Dans un entretien qu'il a accordé à un journaliste de papot.net, Chérif Hamed Haïdara a fait le diagnostic de la situation de la jeunesse ivoirienne et donné la position de son parti sur la problématique.
Pour le premier responsable du Rdi,
derrière l'enthousiasme apparent de certains jeunes ivoiriens, lors des
cérémonies politiques auxquelles ils prennent part, se cache une situation
alarmante. Une grande partie de ces derniers se retrouvent dans les rôles de
loubards, à faire les sales boulots dans les intrigues politiques, pour ne
récolter que des miettes. L'illustration des jeunes comme brouteurs (ndlr ;
cybercriminels), enfants microbes, délinquants, ou même auteurs d'actes
criminels pour arriver ou se maintenir à la tête d'organisation comme
l'ex-fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci) est un
mauvais signal pour la Côte d'Ivoire. C'est la preuve qu'il y a eu un échec
indiscutable à nécessairement corriger, dans l’éducation et la formation de
ceux qui sont censés assurer la relève dans la gestion des affaires de la
nation.
« Comment comprendre que des parents
d'un enfant, sans aucune activité officielle qui génère suffisamment d'argent,
voient ce dernier au volant d'une voiture de luxe et ne s'interrogent pas ?
Comment s'expliquer que des gamins dans les rues tombent sur des citoyens avec
des armes blanches, en pleine journée, pour les dépouiller de leurs biens ? Et
pourquoi, des jeunes gens se font- ils convaincre pour servir de manifestants,
de loubards, souvent de chair à canon ou de bétail électoral, au lieu de se
préoccuper de leur formation professionnelle ? » a-t-il interrogé.
Pour Chérif Hamed Haïdara, ce tableau
est la preuve qu’il y a eu une défaillance imputable à tous ; les parents qui
doivent donner l'éducation de base à l'enfant, les enseignants et même l'état
qui devait garantir aux apprenants et aux enseignants un environnement d'étude
sécurisé. Malheureusement, pour lui, les différentes réformes du système scolaire
ont fragilisé l'autorité de l'enseignant et ouvert la porte à l'indiscipline à
l'école et, par conséquent à l'incivisme. « Ce que nous voyons dans nos bureaux
et sur nos routes c'est le résultat de cet échec » selon lui. Mais le patron du
Rdi se réjouit des efforts des forces de l'ordre ces derniers temps pour
remettre de l'ordre. « Il y a une volonté politique de rectifier le tir et je
voudrais en remercier les autorités compétentes. Je voudrais donc féliciter
aussi la police nationale pour son travail acharné qui a permis de baisser
considérablement l'insécurité dans notre pays. Si les ''brouteurs'' et les
enfants microbes ne font plus la pluie et le beau temps, c'est parce qu'ils ont
trouvé en face une force pour les contenir » a-t-il dit.
Tirant la conclusion de cette situation,
Chérif Haïdara a affirmé que si vraiment l’avenir de nos pays reposent sur la
jeunesse, comme cela se dit couramment, il faut alors vite réfléchir à redorer
le blason de cette frange importante de la population. Il a aussi invité les jeunes eux-mêmes à
prendre conscience de leur situation pour penser à s’affranchir. « Le président
Thomas Sankara disait que l’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte
ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Ne vous laissez plus
instrumentaliser. Assumez-vous ! » a-t-il lancé aux jeunes de Côte d’Ivoire, en
les invitant à se battre pour accéder à l’essentiel ; une éducation qui prône
l’amour et le respect des autres et de son pays. C’est à son avis, cet amour-là
qui conditionne le citoyen à être sociable et travailleur pour contribuer au
développement de son pays.
Et le président du Rdi de poursuivre que
« Les défis qui attendent l'Afrique, et la Côte d'Ivoire particulièrement, sont
énormes. Aussi cela impose -t-il que nos enfants soient bien formés. Qu'ils
bénéficient de formations adaptées à nos besoins, pour faire convenablement
face à ces défis. Car, demain, c’est sur leurs épaules que reposera toute la
charge du pays »
Mais pour qu'il en soit ainsi, selon
l’homme politique, il faut que la jeunesse ivoirienne aime suffisamment son
pays. Et tout commencerait à la maison même. « Un enfant bien éduqué aime,
protège et défend les intérêts de sa famille. Et si au niveau de la cellule
familiale les parents parviennent à inculquer cela aux enfants, par ricochet,
ils seront de bons citoyens. Ils aimeront leur village, leur région et leur
pays. Ils respecteront les lois qui régissent la République et travailleront
dans l'esprit de contribuer à la grandeur du pays ».
A en croire le président du Rdi,
l'avenir de la jeunesse ivoirienne est une préoccupation majeure pour son
parti. Et ce serait, la motivation principale de son engagement politique. Pour cela il a formulé le vœu que les
ivoiriens cultivent toujours la tolérance et le pardon, le respect du droit à
la différence de chaque citoyen, la liberté d’expression, mais aussi une
justice impartiale. C’est à ce prix, selon lui, que la Côte d’Ivoire conservera
son témoignage dans le concert des nations. « Nos pères nous ont laissé un pays
qui a fait la fierté de notre peuple, havre de Paix depuis la nuit des temps.
Les ivoiriens ont toujours été cités en exemple comme des hommes pacifiques.
Nous gagnerions alors, pour le règlement de nos malentendus, à rester dans ce
schéma, en privilégiant toujours la palabre à la bagarre. Parce que le
président Félix Houphouët Boigny nous a appris que le dialogue est l’arme des
forts » a-t-il fait savoir en soutenant que le pays a besoin de cerveaux et de
bras valides pour le porter. « Nous avons besoin de personnes responsables pour
diriger la Côte d'Ivoire et la maintenir stable. Et vous les jeunes occupez une
place de choix dans le projet de société du Rdi. Nous saurons vous faire
briller pour que votre éclat illumine notre patrie » a promis Chérif Haïdara.
Quant à la question de la participation
aux prochaines élections présidentielles d'octobre 2025, le Président du Rdi a
soutenu que sa formation, à l'instar des autres, a une offre politique pour
gouverner ou participer à la construction du pays.
Toutefois, il a maintenu sa position qui
est de reporter les élections au moins d'un an, pour donner aux acteurs
politiques et aux ivoiriens le temps d'évacuer certaines incompréhensions. Dans
ce sens, il a dit que « il est important que les acteurs s'asseyent pour
aplanir tous les désaccords. De sorte à garantir des élections sans violences
».
Achevant l'entretien, Chérif Hamed Haïdara
s’est réjoui de l'alternance pacifique au Sénégal et récemment au Ghana. Il a
formulé le vœu que cette grandeur d'esprit habite aussi les ivoiriens.
Orso Kanon
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