Publié le Ven 29 Décembre 2023 | Modifié le Ven 29 Décembre 2023 363 Vue(s) [307 articles]
Depuis le 22 décembre 2023, Tidjane Thiam est le successeur d’Henri Konan Bédié à la tête du PDCI-Rda. L’ingénieur arrivé dans le fauteuil du président du parti septuagénaire a ouvert un pan de sa vision de la politique nationale ; une sortie qui fait réagir Cherif Hamed Haïdara, le président du Rassemblement Démocratique Ivoirien (Rdi), ce 26 décembre 2023. L’interview
- L'actualité politique aujourd'hui est dominée par l'élection du Tidjane THIAM à la tête du Pdci-Rda. Votre commentaire ?
- Notre position n'a pas changé. Depuis le début nous avons dit que n’importe quel membre de ce parti qui en remplissait les conditions pouvait se porter candidat pour diriger le Pdci-Rda. C'est une cuisine interne dans laquelle il serait indécent pour nous de nous inviter. Toutefois, il y a eu des élections et monsieur Tidjane THIAM a été déclaré vainqueur et nous lui disons félicitations !
- Au sortir de ce congrès extraordinaire du Pdci, le ministre d'Etat Adjoumani Kobenan qui y représentait le Rhdp s'est senti offusqué par les propos du président Cowpli Boni. Comment appréciez-vous ces faits ?
- Je pense personnellement que le président Cowpli était dans son rôle. On crée un parti politique pour accéder au pouvoir. Dans ce sens il y a la politique générale du parti qui résulte de la fusion des idées des membres pour atteindre ce but. Le président qui incarne l'autorité supérieure endosse ces idées. Par conséquent, il les rappelle lors du congrès, en sorte que nul ne les ignore. Dans le cas d'espèce le président Cowpli faisait sa mise au point pour rappeler, à mon sens, la vision commune aux candidats.
- Et après son élection, Tidjane THIAM vient le désavouer par un discours visiblement modéré. Cela ne ressemble-t-il pas à une trahison ?
- Non, on ne peut pas parler de trahison. Le fonds de la pensée et l'objectif final restent les mêmes ; apporter sa contribution pour améliorer la qualité de la vie des ivoiriens. Mais ce qu'il faut souligner c'est le ton. Thiam nous rejoint sur ce point puisque nous n'avons cessé de rappeler aux uns et aux autres que nous sommes des adversaires et non des ennemis. On peut faire la politique sans s'injurier. On peut se contredire sans en arriver à cultiver de la haine. Aucune œuvre humaine n'étant parfaite, il faut savoir accepter les critiques quand on a fait quelque chose. Il faut aussi savoir faire des contributions responsables avec le bon ton pour ne pas offusquer les gens.
- L'opinion publique aujourd'hui estime qu'enfin le président Ouattara a un concurrent de taille qui pourrait lui ravir sa place. Vous qui prôniez la continuité avec lui, cela ne vous inquiète -t-il pas?
- Tidjane THIAM lui-même reconnait la dimension d'Alassane Ouattara et la grandeur du travail qu'il a abattu. Cela me réjouit personnellement. Parce qu'il est de notoriété qu'après Felix Houphouët Boigny, celui qui non seulement a réussi à garantir aux ivoiriens la paix et la stabilité c'est bien lui, le président Alassane Ouattara. Celui qui a réussi à mettre tout le pays en chantier et à transformer le paysage par des infrastructures économiques importantes, c’est encore lui. Le leadership d'Alassane Ouattara est incontestable. Le monde entier parle de lui et vient prendre conseil à ses côtés. Si nous avons la chance d'avoir une telle personnalité dans notre famille, pourquoi vouloir coûte que coûte le remplacer, si lui-même dit avoir toujours la force de poursuivre ? Nous pensons au Rdi que l'heure n'est pas au remplacement pour le simple besoin de la forme. Il faut mettre en priorité les propositions constructives ! Il faut savoir que le temps qui s'écoule emporte avec lui nos devanciers et leurs forces. S'il y en a quelques-uns qui peuvent encore servir, pourquoi cracher sur eux?
- Votre position intrigue des ivoiriens. Ils se demandent pourquoi vous ne rejoindriez pas le Rhdp au lieu de créer votre parti et épouser sa cause
- Ceux qui ont de telles pensées n'ont encore rien compris. Les défis auxquels notre pays est confronté, à l'instar de toute la sous-région ouest africaine, sont majeurs. Nous ne sommes pas en train de mener le combat pour la survie du Rhdp mais plutôt celui de l'intérêt de la cote d’ivoire ; un pays qui a connu la guerre à cause de la mésentente entre ses enfants et qui est soumis aux effets pervers de la situation économique mondiale. Avant d'appartenir à un parti politique, le président Alassane Ouattara est fils de la cote d'ivoire. Et ce pays a une chance énorme d'avancer durablement sur le chemin du développement avec l'un de ses fils en la personne d'Alassane Ouattara. C'est de cela qu'il s'agit. Notre vision au Rdi c'est le rassemblement familial autour de la patrie ivoirienne. Nous n'avons pas d'autre pays. Aussi, avons-nous tout intérêt à ce que notre Côte d’Ivoire demeure paisible et qu'elle se développe. Si nous avons compris cela et que, dans le respect les uns des autres, nous nous mettons à la conjugaison de nos forces, dans moins d'un demi-siècle, nous n'aurons plus rien à envier aux pays occidentaux. Nous avons les ressources naturelles, le capital humain aussi. Il reste à présent la cohésion entre nous. Et le premier discours de monsieur Thiam nous rejoint. Nous ne pouvons donc que nous en réjouir et inviter tous les partis politiques ivoiriens à regarder dans cette même direction.
Propos recueillis par Orso Kanon
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