Publié le Ven 13 Janvier 2023 563 Vue(s) [614 articles]
Après l’annonce de la tenue d’une consultation populaire dans le village d’Ebimpé pour permettre à l’autorité préfectorale de connaître officiellement le chef désigné de ce village, tous les regards étaient tournés vers Ebimpé le jeudi 12 janvier 2023. Sauf que personne n’a compter avec la réaction de la population .
Personne dans le village n’a voulu se laisser conter les faits. Dès le matin du jeudi 12 janvier 2023, la population villageoise d’Ebimpé a pris d’assaut la place publique où déjà des chaises et bâches avaient été dressées pour accueillir la délégation de Michel Kouakou, le sous-préfet d’Anyama. Ce dernier devrait y procéder à la consultation populaire pour connaître officiellement le nom du chef choisie par la communauté villageoise.
Mais avant même que la délégation officielle n’arrive sur la place publique déjà, vers 10 heures, les esprits commencent à s’échauffer. Surtout à l’arrivée du doyen d’âge Odi Joseph. « J’y suis allé parce qu’il est de mon devoir moral et spirituel de présider tout ce qui touche à l’ordre coutumier d’Ebimpé. Mais quand je suis arrivé sur la place, l’on m’a réservé une chaise aux côtés de mon neveu Mondon Pacôme. Ce qui n’est pas conforme à l’ordre des choses puisque ma place est plutôt aux côtés du chef de village qui est son frère cadet Mondon Ago Eugène. J’ai clairement marqué mon refus et comme ceux qui avaient organisé cette mascarade entendaient me pousser à poser un acte maladroit dont ils allaient profiter, cela a créé les tumultes » raconte-il.
Selon les informations recueillies sur place, il y avait déjà anguille sous roche. Le doyen d’âge du village indique n’avoir reçu le courrier du sous-préfet d’Anyama convoquant la communauté villageoise à ces assises que la veille entre 10 heures et midi. « Habituellement l’on nous donne au moins deux semaines pour préparer cette rencontre avec les chefs des grandes familles et les différentes composantes de la population. Si les gens n’avaient pas un agenda caché, pourquoi est-ce seulement la veille qu’on m’informe officiellement ? » se demande-t-il.
De surcroît, plusieurs personnes interrogées soutiennent que chacun des deux antagonistes a son griot dans le village. Et celui de Pacôme Mondon avait annoncé la veille que le sous-préfet venait pour introniser son mentor. D’où la levée de bouclier de la population !
Sous les bâches, l’on voit par la suite des hommes, des femmes et des jeunes sortir de partout avec des pancartes de soutien à Ago Eugène, en scandant des slogans élogieux à son endroit. Des chants sont entonnés sur le rythme marqué par le tambour sacré. Au point que, submergés, les organisateurs de la rencontre qui visiblement étaient favorables à l’aîné des Mondon abdiquent, craignant d’être pris à partie.
A en croire les informations recueillies sur place, également, ce sont ces derniers qui auraient alerté le sous-préfet de la situation au village pour qu’il ne vienne pas. Déjà, au moins un cargo de la gendarmerie nationale avec des éléments en armes avaient été aperçus sur place.
« Nous n’avons nullement l’intention de braver l’autorité publique mais de veiller simplement au respect de nos us et coutumes d’une part et au respect de la volonté de la communauté villageoise, d’autres parts », a tenu à préciser Agbêkê Akê Benjamin, chef des 4 classes d’âge de la génération Gnandô qui est celle des pères. A son avis, la consultation populaire est un passage obligé mais elle ne saurait se faire dans la confusion.
Le sous-préfet d’Anyama contacté pour comprendre la situation qui prévaut à Ebimpé soutient que cette rencontre a simplement été reportée pour des contraintes administratives. Nous y reviendrons.
Orso Kanon
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