Publié le Mer 14 Août 2024 314 Vue(s) [614 articles]
Dans un communiqué publié le mercredi 14 août 2024, l’ONG Amnesty International demande aux autorités de « mettre immédiatement un terme aux expulsions forcées" et démolitions massives conduites par le district autonome d'Abidjan dans les quartiers précaires.
Amnesty International dénonce un
"usage excessif de la force" et affirme que plusieurs dizaines de
milliers d'Abidjanais ont déjà été chassés de chez eux.
A la suite d'une enquête de terrain
réalisée en juin dans quatre quartiers de la capitale économique touchés par
ces opérations de destruction (Gesco, Banco 1, Boribana et Abattoir), Amnesty
relève que toutes les personnes interrogées ont déclaré qu'elles n'avaient pas
été consultées sur les conditions des expulsions, ni dûment informées du jour
des démolitions.
En plus des habitations et des commerces
mis à terre, au moins deux écoles ont été détruites, dont une école coranique
dans le quartier Banco 1, souligne l'ONG, ce qui a privé d'éducation des
enfants et des jeunes, sans qu'aucune solution ne soit proposée".
Elle note par ailleurs que les autorités
n'ont pas procédé à un recensement systématique avant de commencer les
démolitions. Ce qui rend impossible le décompte exhaustif et l'indemnisation de
toutes les victimes.
Amnesty International indique que le
gouvernement ivoirien avait annoncé des mesures d'aides au relogement,
notamment le versement de 250.000 francs CFA (381 euros) par ménage. Cependant,
au début du mois août, des milliers de familles n'avaient toujours pas été
relogées et/ou indemnisées" pour les pertes subies.
Le parti au pouvoir justifie ces
démolitions.
« Dans notre marche vers le
développement, les décisions parfois difficiles que nous avons à prendre
peuvent provoquer des incompréhensions ou même de la colère » s'est défendu
le 6 août Alassane Ouattara, qui a toutefois déclaré vouloir minimiser les
conséquences subies par la population au cours de ces opérations.
En février, le Conseil national des droits
de l'Homme (CNDH) de Côte d'Ivoire avait déjà accusé les autorités de conduire
ces destructions "au mépris des droits fondamentaux" et "sans
concertation".
Source (AFP)
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