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Electricité : la Côte d’Ivoire veut en finir avec les délestages grâce au gaz naturel


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Publié le Mar 11 Juin 2024 361 Vue(s) [231 articles]


Electricité : la Côte d’Ivoire veut en finir avec les délestages grâce au gaz naturel

Yamoussoukro va intensifier ses investissements dans le gaz naturel. L’objectif étant, selon le ministre des Mines et de l’Énergie, de renforcer l’offre énergétique du pays et réduire les temps de délestages.

Du gaz naturel pour enrayer les délestages en Côte d’Ivoire. Invité le 6 juin à se prononcer sur la recrudescence des coupures d’électricité dans le pays, Mamadou Sangafowa Coulibaly a fait part des difficultés que traversent le secteur énergétique. Le ministre des Mines, du pétrole et de l’énergie a confirmé les avaries sur les unités de productions. Ces pannes, comme le révélait Jeune Afrique en mai, se situent au niveau de la centrale d’Azito (détenue par Globeleq ) et de la Compagnie ivoirienne de production d’électricité (filiale d’Eranove ). « En avril, nous avons perdus trois groupes de production d’une puissance cumulé de 653 MW, soit 21 % [de la production nationale] », indique Mamadou Sangafowa Coulibaly. Si l’une des turbines a été réparée — le ministre ne précise pas l’entreprise concernée —, il manque toutefois 488 MW d’électricité à la Côte d’Ivoire.

Pour remédier à ces avaries qui perturbent la distribution efficiente de l’électricité, le gouvernement ivoirien mise sur le gaz naturel . Au cours des six prochaines années, plus de 5 000 milliards de francs CFA (environ 7,62 milliards d’euros) seront investis dans le secteur énergétique. Cette somme servira entre autre à la construction de gazoducs, l’accélération de l’exploitation des champs gaziers et la construction de centrales privées. « Les récentes découvertes de gaz naturel aux larges de nos côtes ouvrent des perspectives prometteuses pour le secteur de l’électricité. [Le gaz naturel] va permettre au pays d’opérer sa transition énergétique avec plus de certitude », poursuit le ministre.

L’État ivoirien compte sur ses partenaires dont l’italien Eni pour l’accompagner dans l’exploitation de ces ressources naturelles. Au-delà du défi de l’autosuffisance en électricité, le pays espère tirer plus de profit de la vente d’énergie à ses voisins. « Ces découvertes permettront de jouer un rôle prépondérant dans le marché sous régional d’échange d’électricité », glisse le ministre.

Une partie de la solution : des centrales solaires et l’hydraulique

Sans minimiser les délestages actuels, qui touchent les entreprises et les ménages ivoiriens, l’État se félicite de sa politique énergétique. Le pays est passé de 47 heures de délestages en 2011, à vingt-neuf heures en 2023. Pour arriver à ce résultat, la Côte d’Ivoire a décaissé ces treize dernières années 1 700 milliards de francs CFA. Un montant investit dans la production, le transport et la distribution de courant.

Les infrastructures construites ont permis d’atteindre un taux d’électrification de 88 % en 2023 , contre 33 % avant l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara. Au cours de la même période, la Compagnie ivoirienne d’électricité   (CIE) a multiplié par quatre le nombre de ses abonnés, passant d’un million de clients à quatre millions. Selon Mamadou Sangafowa Coulibaly, avec un kilowattheure facturé à 87 F CFA, la Côte d’Ivoire a « le kilowatt le moins cher de la zone UEMOA ».

En parallèle des projets gaziers, le pays tente de tirer profit des énergies renouvelables. Depuis le début de l’année 2024, la Côte d’Ivoire s’active à lancer des centrales solaires. Il a inauguré, en avril, sa toute première infrastructure. Située à Boundiali (nord du pays), le parc solaire doit fournir 80 mégawatt-crête (MWc, c’est à dire la puissance que peut délivrer un panneau photovoltaïque dans des conditions d’ensoleillement optimales) par an. D’ici 2026, le pays devrait mettre en service une douzaine de centrales, dont la plus grande — localisée à Korhogo — aura une capacité de production annuelle de 112 MWc.

Pionnier africain de l’électricité hydraulique, le pays possède six barrages depuis 1959. En 2017, il a mis en fonction le barrage de Soubré. D’un coût de 500 millions de F CFA, ce site a une capacité installée de 275 MW. Dix-sept autres sont en cours de constructions à travers le pays.

Ce dernier compte aussi sur le projet de centrale à biomasse en cours de construction par EDF   et Sifca   dans la ville d’Aboisso. Ces différents projets devraient permettre à la Côte d’Ivoire d’assurer le ravitaillement en électricité des populations et des entreprises, notamment celles du secteur minier.


Jeune Afrique

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