Publié le Ven 21 Juin 2024 382 Vue(s) [231 articles]
Engagé à investir 10 milliards de dollars dans le développement du gisement Baleine, le géant italien des hydrocarbures envisagerait de vendre une participation dans ses activités en amont.
Un peu moins d’un an après avoir acté le lancement éclair du gisement Baleine, Eni, serait en discussion préliminaire pour céder une participation de ses activités en amont en Côte d’Ivoire. Le géant italien des hydrocarbures envisagerait la cession de 30 % de ses intérêts dans le champ offshore, révèlent nos confrères de Bloomberg, ce 19 juin, citant des sources proches du dossier.
Un milliard d’euros à la clé
À l’origine des découvertes de Baleine, en 2021, et de Calao, en 2024, dont les réserves combinées sont estimées à environ 4 milliards de barils équivalent pétrole et au moins 3 300 milliards de pieds cubes de gaz naturel associé, le groupe transalpin, qui détient également des participations dans plusieurs blocs prometteurs au large des côtes ivoiriennes, s’est engagé à déployer les grands moyens pour exploiter le pétrole et le gaz ivoiriens.
Alors que des investissements de 10 milliards de dollars sont annoncés pour la construction des infrastructures indispensables à l’exploitation et au transport de l’or noir ivoirien, Eni travaillerait avec des conseillers, dont Standard Chartered, sur l’éventuelle vente de la participation « dans le cadre d’une transaction qui pourrait apporter environ 1 milliard d’euros », explique le spécialiste américain de l’information financière.
Contacté par Jeune Afrique, le ministère ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie n’a pas souhaité réagir, tandis que le pétrolier italien refuse de commenter « des indiscrétions ». « Je ne commente généralement pas les indiscrétions car les dossiers délicats peuvent aboutir, tout comme échouer », rétorque Claudio Descalzi, le PDG d’ENI, dans une déclaration relayée par Il Sole 24 Ore, le principal quotidien économique italien.
Monétiser les actifs
Selon nos informations, ENI a bel et bien l’intention de céder une participation minoritaire dans Baleine tout en gardant le contrôle sur le projet, actuellement co-détenu avec le groupe public ivoirien Petroci (10 %). La stratégie du groupe prévoit d’acquérir et de détenir des licences d’exploration à 90 %, voire à 100 %, avant de céder des participations post-découverte, ou mise en production, pour monétiser la valeur des actifs et mobiliser les fonds pour d’autres projets.
« La Côte d’Ivoire figure parmi les pays prioritaires pour Eni », a insisté Guido Brusco, le directeur des opérations ressources naturelles et numéro deux dans la hiérarchie du géant transalpin, rencontré à Kigali en marge de l’Africa CEO Forum (16-17 mai). En quête de liquidités, le groupe italien, dont les revenus se sont élevés à 94,82 milliards d’euros en 2023, étudie actuellement les projets prioritaires en Afrique pour équilibrer l’allocation de son capital après quinze années fastes en découvertes (16 milliards de barils d’équivalent pétrole).
À l’heure où Eni prévoit de limiter ses investissements à 27 milliards d’euros sur la période 2024-2027, la Côte d’Ivoire mise plus que jamais sur l’or noir comme second pilier de l’économie derrière l’agriculture. Alassane Ouattara veut porter la production de pétrole de 60 000 barils par jour à environ 200 000 bpj à l’horizon 2027 grâce à plus de 15 milliards de dollars d’investissement dans le secteur. « Ce sera un bond spectaculaire », a promis le chef d’État, lors d’une session conjointe du Parlement.
(Jeune Afrique)
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