Publié le Ven 06 Septembre 2024 326 Vue(s) [149 articles]
Les discussions se passent « très bien », selon Michel Barnier. Le nouveau Premier ministre français consulte, depuis ce vendredi 6 septembre, les formations politiques, avec pour objectif de former rapidement un gouvernement. Des discussions positives et « pleines d'énergie », dit le chef du gouvernement, qui n’a pour l’instant vu que ses alliés. Mais le passage devant l’Assemblée nationale s’annonce rude.
Il a attaqué ses consultations par le plus simple. Michel Barnier s’est entretenu, ce 6 septembre dans la matinée avec ses alliés, en recevant tout d'abord Gabriel Attal, son prédécesseur, désormais patron du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée. Il a ensuite enchaîné avec les responsables de son propre parti, Les Républicains (LR).
De quoi faire les premiers pas en
vue de la formation du gouvernement qui comprendra, c'est désormais officiel,
des membres de LR, même si, pour la forme, Laurent Wauquiez, patron de la
droite républicaine à l'Assemblée, conditionne cette participation au programme
qui sera porté par Michel Barnier.
On est en réalité davantage dans un mécano gouvernemental avec des négociations sur la répartition des postes régaliens – Intérieur, Économie, Justice, Armées – plus que sur une vraie discussion de fond. Celle-ci se jouera davantage dans l'hémicycle.
Le RN a les cartes en main
Avec plus de 140 députés, le
Rassemblement national (RN) et ses alliés, ex-Républicains menés par Éric
Ciotti, peuvent assez facilement renverser le gouvernement, la coalition de
gauche et ses 193 députés ayant d'ores et déjà l'intention de censurer Michel
Barnier et son équipe.
Le Premier
ministre fait donc face à une double cohabitation : la première, avec Emmanuel
Macron. Même si le chef de l'État a,
semble-t-il, l'intention de donner une certaine liberté à Michel Barnier, en
n'envoyant pas, par exemple, de conseillers aux réunions interministérielles.
Mais celui-ci devra aussi donner
constamment des gages à l'extrême droite, car celle-ci a annoncé vouloir
« juger sur pièces » sans rien s'interdire. Le député RN,
Thomas Ménagé, invité de RFI ce 6 septembre, estime ainsi que son parti « n’a
absolument pas abandonné la possibilité d’une censure ».
Un programme de gouvernement
lorgnant vers l’extrême droite ?
Le futur
gouvernement va donc devoir convaincre le RN pour se maintenir. Dès jeudi soir,
Michel Barnier a évoqué les thèmes de la sécurité, de l’immigration et du
pouvoir d’achat comme priorités. Son profil politique est aussi assez cohérent
pour séduire l’extrême droite : en 2021, lors de la primaire LR pour
désigner le candidat à la présidentielle, il avait proposé un moratoire sur
l'immigration, soit la position de Marine Le Pen.
Toute la
difficulté pour le Premier ministre sera de faire accepter au camp présidentiel
et à son aile modérée des politiques inspirées de l'extrême droite. Des
centristes qui peuvent toutefois se laisser convaincre par le contexte, à
l’image de la loi asile immigration adoptée voilà quelques mois par
l’ex-majorité et qui reprenait déjà des concepts et des propositions
directement venues du RN.
La gauche hors-jeu ?
La situation est plus confortable,
ce 6 septembre, pour le Nouveau Front populaire qu'elle ne l'était en début de
semaine, quand le nom de l'ex-Premier ministre socialiste Bernard Cazeneuve
circulait encore pour Matignon. Désormais, les choses sont claires, il y a en
réalité deux blocs à l'Assemblée : l'un allant du centre à l'extrême droite et
l'autre à gauche.
Dans la perspective de nouvelles
législatives anticipées, ce n'est pas forcément une mauvaise chose pour le NFP.
À condition, bien sûr, d'éviter l'auto sabotage, comme ce fut le cas avec la
précédente union de la gauche, la Nupes. La première mobilisation contre le
nouveau Premier ministre ne sera cependant pas unitaire : si LFI, le PCF
et les Écologistes participeront ce samedi 7 septembre aux marches de
protestations initiées par les organisations de jeunesse, le PS, lui, n’ira
pas.
RFI
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