Publié le Mar 17 Septembre 2024 382 Vue(s) [149 articles]
Des tirs ont retenti tôt ce matin du 17 septembre 2024 dans la capitale du Mali. Un bâtiment de la gendarmerie malienne et une zone militaire de l'aéroport de Bamako ont été visés. Une base d'où sont lancés les drones de l'armée.
Le Jnim, groupe de
soutien à l'Islam et aux musulmans, lié à al-Qaïda, a revendiqué l'attaque. Les
autorités assurent que la situation est désormais « sous contrôle »,
mais les affrontements ont repris en début d'après-midi à l'aéroport. Les premières
détonations ont été entendues aux environs de 5h, heure locale et en temps
universel, ce 17 septembre 2024 dans la capitale du Mali. Deux
lieux ont été attaqués de façon simultanée : l'école de gendarmerie du quartier
de Faladié, où les tirs ont duré environ trois heures, et une zone militaire de
l'aéroport de Bamako-Sénou, où des tirs sporadiques étaient toujours rapportés
en fin de matinée.
Un communiqué de
l'armée précise qu’« un groupe de terroristes a tenté de s'infiltrer »
dans l'école de la gendarmerie. « La situation est sous contrôle »,
rassure l'armée malienne, qui indique mener des « opérations de
ratissage » dans la zone.
Une base militaire
d'où sont lancés des drones de l'armée malienne
De source judiciaire, les militaires devant comparaître aujourd'hui devant
la Cour d'assises dans le procès très attendu des affaires de l’achat de
l’avion présidentiel et des équipements militaires surfacturés étaient justement détenus dans
l'école de gendarmerie de Faladié. De source judiciaire, le procès a été
reporté au 24 septembre.
Un communiqué distinct
du ministère de la Sécurité et de la protection civile évoque quant à lui
« des attaques terroristes » contre « des points
sensibles de la capitale ».
Plusieurs sources
sécuritaires maliennes confirment et précisent qu'en plus de l'école de
gendarmerie, c'est la base 101, située dans la zone aéroportuaire qui a été
ciblée. Une base militaire d'où sont lancés des drones de l'armée malienne, et
où sont également stationnés des hommes du groupe Wagner.
Les combats ont repris
en début d'après-midi à l'aéroport
Après une période
d'accalmie, les combats ont repris en début d'après-midi à l'aéroport. C'est ce
que rapportent plusieurs témoignages.
Dans deux communiqués,
diffusés en fin de matinée et en début d'après-midi, la Katiba Macina du Jnim,
liée à al-Qaïda, prétend avoir « pris le contrôle de l'aéroport
militaire », causé d'« énormes pertes en vies humaines et en
matériel », infligé « de lourdes pertes aux mercenaires de
Wagner » et « détruit de nombreux aéronefs et véhicules ».
Les vols prévus ce
mardi matin ont été annulés, jusqu'à nouvel ordre, et l'accès a l'aéroport est
« temporairement restreint », « afin de prévenir tous
les risques », selon un communiqué du ministère des Transports.
Pour l'heure, aucun
bilan officiel, même provisoire, des autorités maliennes de
transition. Selon les témoignages recueillis par RFI, plusieurs morts sont
à déplorer et des dizaines de blessés ont afflué dans plusieurs hôpitaux de la
capitale.
L'armée mène
actuellement des opérations de ratissage et demande aux Bamakois d'« éviter
le secteur ».
Des témoins joints par
RFI expliquent avoir assisté à l'interpellation de plusieurs suspects.
Des vidéos circulant
sur les réseaux sociaux montrent aussi un cadavre calciné au milieu d'un
attroupement au niveau du monument, tout proche, de la Tour de l'Afrique. Pas
de forces de l'ordre : cette fois, c'est la foule qui a lynché une personne
apparemment soupçonnée d'avoir pris part à l'attaque. Une « justice »
populaire et expéditive qui fait craindre de graves débordements.
Des véhicules de
pompiers font des allers-retours entre l'école de la gendarmerie et un hôpital.
Le chef d’état-major
général des armées appelle les populations à « éviter les
amalgames »
Dans le journal de 13h
de l'ORTM, la télévision d'État, le chef d’état-major général des armées, le
Général Oumar Diarra, a affirmé que « les terroristes infiltrés »
avaient été « neutralisés », sans préciser leur nombre, et
assuré que les recherches de « complices » se poursuivaient.
L'image d'un présumé assaillant abattu a été diffusée, ainsi que celle de
quelques armes et d'une vingtaine de « suspects » entassés
dans une cour. Le Général Diarra a promis des enquêtes et appelé les
populations à « éviter les amalgames » pour que personne ne
soit « stigmatisé ». Un appel sobrement formulé mais plus
nécessaire que jamais afin d'éviter des actes de représailles visant certaines
communautés - peule, tamachek ou arabe notamment - régulièrement victimes
d'amalgames avec les groupes jihadistes.
Le Général Diarra n'a
pas fourni de bilan, même provisoire. Selon les témoignages recueillis par RFI,
plusieurs morts sont à déplorer et des dizaines de blessés ont afflué dans
plusieurs hôpitaux de la capitale.
RFI
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