Publié le Ven 20 Septembre 2024 294 Vue(s) [149 articles]
Au Mali, pas de libération provisoire, du moins pas tout de suite, pour les 11 cadres politiques de la « Déclaration du 31 mars », qui réclame le retour à l'ordre constitutionnel. Arrêtés le 20 juin dernier, ils sont poursuivis notamment pour « opposition à l'exercice de l'autorité légitime ».
Ils s'étaient
réunis dans un domicile privé alors que les autorités de transition avaient
suspendu les activités politiques des partis et associations. Le juge
d'instruction a ordonné le 9 septembre leur mise en liberté sous contrôle
judiciaire. Mais le 19 septembre, le procureur a fait appel.« Au lieu
de montrer de la compassion en ces heures sombres », déplore un cadre
de la « Déclaration du 31 mars », en référence à la double attaque
meurtrière qui vient de frapper Bamako, « au lieu d'appeler au
rassemblement des Maliens, l'État préfère les maintenir en détention contre
l'avis du juge d'instruction. Que veut-on finalement ? »,
s'indigne encore cette source.
Les partis signataires n'ont pas
souhaité réagir officiellement, pour ne pas crisper les autorités judiciaires.
L'appel formulé par le procureur du
tribunal de la commune 5 de Bamako doit désormais être examiné par la chambre
d'accusation de la cour d'appel.
Les avocats des 11 anciens
ministres et dirigeants politiques, détenus depuis près de trois mois, se
montrent également prudents et confiants. « Cet appel est inopportun,
estime Maître Hyacinthe Koné, l'un des avocats de la défense. Je ne vois pas
comment ils vont le fonder juridiquement : est-ce qu'aujourd'hui, il y a encore
une nécessité de les garder en prison ? Ce sont des chefs de famille, des
responsables, ils ne vont pas fuir ! Et des dispositions sont même prises pour
empêcher qu'ils ne fuient ! Donc la justice n'a plus besoin de cela, estime
encore l'avocat. Si on doit les juger, qu'on les laisse en liberté et
le moment venu, on les juge. »
Appel aux hommes de justice
Pour Maître Koné, la restauration de
la confiance entre les autorités, la classe politique et les citoyens maliens
plaident dans le même sens : « Même au niveau social, on parlait de
réconciliation. Il faut un apaisement ! Donc cet appel ne sied pas.
J'en appelle à tous les hommes de justice : qu'ils respectent la
loi et qu'ils soient courageux. Si le droit est dit, et nous n'avons aucun
doute là-dessus, nos clients doivent être libérés.
Aucune échéance n'a été précisée
pour l'examen en appel de la demande de mise en liberté sous contrôle judiciaire.
Les autorités maliennes de
transition avaient suspendu les activités politiques entre avril et juillet
dernier, invoquant des raisons d’« ordre public ». Décision
prise par décret, sur une base légale contestée.
Au cours de cette période, les onze
dirigeants politiques avaient osé tenir une réunion privée, au domicile de l'un
d'entre eux. Ils avaient alors été interpellés sans mandat.
Leurs proches dénoncent une
procédure politique, destinée à annihiler toute velléité de contestation du
régime en place. Mais Ils gardent bon espoir que les négociations menées en
coulisses, ainsi que la droiture des juges, leur permettront d'obtenir
prochainement la mise en liberté provisoire des onze cadres politiques, jusqu'à
leur procès. Sa date n'a pas encore été fixée.
RFI
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