Publié le Mer 11 Septembre 2024 381 Vue(s) [149 articles]
À moins de deux mois de l’élection présidentielle américaine, les deux candidats, Kamala Harris et Donald Trump, se sont retrouvés face à face pour un débat télévisé, mardi 10 septembre. Une joute verbale offensive durant laquelle deux visions bien différentes de l’Amérique se sont opposées. Kamala Harris semble avoir dominé l'échange et a mis au défi son rival républicain de débattre une deuxième fois.
Au cours d’un débat télévisé aux enjeux importants pour la présidentielle
américaine et le pays, Kamala Harris et Donald Trump ont donné leurs
visions de l'Amérique à moins de deux mois d'une élection présidentielle d’ores
et déjà historique.
Peu après la fin de
cette première confrontation à Philadelphie, Kamala Harris a mis au défi son
rival républicain Donald Trump de débattre une deuxième fois, selon un
communiqué de son équipe de campagne. Critiquant la performance de l'ancien
président, l'équipe de campagne de Harris a assuré : « La
vice-présidente est prête pour un deuxième débat. Donald Trump l'est-il ? »
Donald Trump a assuré
de son côté n'avoir jamais aussi bien débattu, accusant également les
modérateurs de parti pris. « J'ai pensé que c'était mon meilleur débat [...],
d'autant plus que c'était à trois contre un ! », a assuré sur sa
plate-forme Truth Social le candidat républicain, qui a participé mardi à son
septième débat présidentiel.
Ce fut la première rencontre et possiblement la dernière entre la démocrate
et le républicain qui briguent la présidence des Etats-Unis. Car malgré le défi
lancé par Kamala Harris, aucun autre débat n'est pour l'instant prévu. Et
celui-ci ne fut pas une rencontre des plus cordiales.
Dès le début, Kamala
Harris s'est imposée et a établi un rapport de forces qui lui était
favorable : elle a forcé Donald Trump à lui serrer la main, malgré
l'évitement du candidat républicain.
Très vite, le ton est
monté. La vice-présidente s'est montrée à l’offensive pendant
ces quatre-vingt-dix minutes de débat, rapporte notre correspondant à
Miami, David Thomson. Donald Trump est tombé dans tous ses pièges
et s’est énervé quand Kamala Harris s'est moquée de la taille de ses meetings
et a eu du mal à rester concentré sur ses réponses.
Elle est marxiste, tout le monde sait qu'elle est marxiste. Son père est un
professeur marxiste. Un économiste et il lui a bien enseigné, mais quand vous
regardez ce qu'elle a fait à notre pays et quand vous regardez ces millions de
personnes qui affluent dans notre pays chaque mois, je crois qu'il y en a 21
millions, pas les 15 que les gens disent (...) c’est plus que l'État de New
York, et regardez ce qu'ils font à notre pays, ce sont des criminels.
« Le taux de chômage le plus important
depuis la Grande Dépression »
Dès les premières
prises de parole, les deux candidats se sont écharpés sur la situation
économique du pays. « Donald Trump nous a laissé le taux de chômage le
plus important depuis la Grande Dépression », a déclaré la
vice-présidente démocrate à propos du mandat de l'ancien président républicain,
de janvier 2017 à janvier 2021, estimant que l’administration Biden, durant son
mandat, a « nettoyé le bazar qu'a mis Donald Trump ».
S’adressant au peuple américain, elle a déclaré que « Donald Trump n’a
aucun projet pour vous ».
Donald Trump nous a légué le pire taux de chômage depuis la Grande
Dépression. Donald Trump nous a légué la pire épidémie de santé publique depuis
un siècle. Donald Trump nous a légué la pire attaque contre notre démocratie
depuis la guerre de sécession.
De son côté, l’ancien
président américain a choisi le thème de l'inflation pour porter les premiers
coups. Selon lui, la persistance de celle-ci, sous l'administration du
président démocrate Joe Biden, est un « désastre » pour la
population. Avant de basculer rapidement sur son principal thème de campagne,
l'immigration ; Trump a avancé être le seul à pouvoir faire face à la Chine,
contrairement à son adversaire, une « marxiste ».
Immigration et fausses
informations
Et c’est l’air grave,
le visage fermé et le regard braqué vers la caméra, sans jamais regarder son
adversaire, que Donald Trump a accusé sa rivale de vouloir « ouvrir les
vannes de l’immigration ». Selon lui, la politique migratoire de sa
rivale provoquera une « troisième guerre mondiale ».
Et comme à son habitude, l’ex-président n’a pas hésité à user de fausses
informations pour faire valoir son point de vue. Ainsi, il a repris
l’accusation mensongère de son camp selon laquelle des migrants haïtiens mangent « des
chats et des chiens » dans une ville de l'Ohio (nord-est). « À
Springfield, [...] ils mangent les animaux de compagnie des
habitants. C'est ce qui se passe dans notre pays », a déclaré le
candidat républicain. Répondant à ces fausses informations, Kamala Harris a
parfois eu du mal à réprimer un sourire moqueur.
La vice-présidente a,
elle, attaqué sur tous les points faibles de son adversaire, à commencer par
l’avortement. Là aussi, Trump a répondu par des infox, accusant sa rivale
démocrate de vouloir légaliser les avortements jusqu’au neuvième mois de
grossesse et même d’autoriser « l’exécution des bébés après la
naissance ».
Kamala Harris a de son côté avancé que Trump était à l’origine du renversement de Roe v. Wade : « Trump interdit l’avortement sans exception, même en cas de viol ou d’inceste, ce qui signifie qu’une survivante d’un crime, d’une violation de son corps, n’a pas le droit de prendre une décision sur ce qu’il adviendra de son corps ». Et d’ajouter : « C’est immoral. Les Américains ne veulent pas de ça. »
« Si Donald
Trump était président, Poutine serait assis à Kiev »
Et si leurs visions de
ce que doivent être les États-Unis sont aux antipodes, les deux candidats ne
s’entendent pas non plus sur la politique internationale américaine.
Trump a ainsi subi les
coups de Kamala Harris en politique étrangère. Interrogé sur le conflit entre
le Hamas et Israël, qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts en moins
d’un an, l'ancien président a répondu que s’il tenait les rênes du pays, les
conflits en Ukraine et en Israël n’auraient jamais eu lieu et a attaqué
frontalement Kamala Harris qu’il a accusée de « détester Israël ».
Tout le monde sait qu'il admire les dictateurs et qu’il veut être un dictateur lui-même dès le premier jour selon ses mots. Tout le monde sait qu'il a dit que Poutine pouvait faire ce qu'il veut en Ukraine, et que l’invasion de la Russie en Ukraine était brillante.
Il a aussi estimé que
si Harris arrivait pouvoir, cela serait une « menace pour la démocratie
» et « Israël disparaîtrait en deux ans ». Kamala Harris,
elle, s’est contentée du discours américain répété depuis des mois en déplorant
le bilan humain du conflit, appelant à un cessez-le-feu et à la libération des
otages tout en rappelant le droit d’Israël à se défendre.
RFI
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