Publié le Ven 16 Août 2024 377 Vue(s) [23 articles]
Le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que la recrudescence de variole simienne (mpox) en République démocratique du Congo (RDC) et dans un nombre croissant de pays d’Afrique constituait une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) au titre du Règlement sanitaire international (2005) (RSI).
Cette déclaration du Dr Tedros a été faite sur
les conseils d’un Comité d’urgence du RSI composé d’experts indépendants, qui
s’est réuni plus tôt dans la journée pour examiner les données présentées par
des spécialistes de l’OMS et des pays touchés. Le Comité a indiqué au Directeur
général qu’il considérait que la recrudescence de la mpox constituait une
urgence de santé publique de portée internationale, susceptible de se propager
dans d’autres pays d’Afrique, voire en dehors du continent.
En déclarant l’urgence de santé publique de portée
internationale, le Dr Tedros a indiqué : « L’émergence d’un nouveau clade de la
mpox, sa propagation rapide dans l’est de la RDC et la notification de cas dans
plusieurs pays voisins sont très préoccupantes. Si l’on ajoute à cela les
épidémies imputables à d’autres clades de la mpox en RDC et dans d’autres pays
d’Afrique, il est clair qu’une action internationale coordonnée est nécessaire
pour enrayer ces épidémies et sauver des vies. »
La Directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, la Dre Matshidiso
Moeti, a déclaré : « Des
efforts importants sont d’ores et déjà déployés en étroite collaboration avec
les communautés et les pouvoirs publics et nos équipes de pays travaillent en
première ligne pour aider à renforcer les mesures de lutte contre la mpox. Face
au virus qui ne cesse de se propager, nous intensifions encore plus nos efforts
par une coordination de l’action internationale en vue d’aider les pays à
mettre fin aux épidémies. »
Le président du Comité d’urgence, le professeur Dimie Ogoina, a
déclaré : « La recrudescence
actuelle de la mpox dans certaines régions d’Afrique, ainsi que la propagation
d’une nouvelle souche sexuellement transmissible du virus responsable de la
maladie, sont constitutives d’une urgence, non seulement pour l’Afrique, mais
pour le monde entier. Originaire d’Afrique, la mpox y a été négligée avant de
provoquer une épidémie mondiale en 2022. Il faut maintenant agir de manière
décisive pour éviter que l’histoire ne se répète. »
Cela fait plus d’une décennie que la mpox est présente en RDC et
le nombre de cas signalés chaque année n’a cessé d’augmenter au cours de cette
période. Cette hausse a été particulièrement marquée l’année dernière alors
même que le nombre de cas signalés jusqu’à présent cette année a déjà dépassé
le total de l’année dernière, avec plus de 15 600 cas et
537 décès.
Plusieurs flambées de différents clades de la mpox se sont
déclarées dans différents pays, chacune avec un mode de transmission et un
niveau de risque différents.
Les deux vaccins actuellement utilisés contre la mpox sont
recommandés par le Groupe stratégique consultatif d’experts sur la vaccination
de l’OMS et sont également approuvés par les autorités nationales de
réglementation inscrites sur la liste de l’OMS, ainsi que par certains pays,
dont le Nigéria et la RDC.
La semaine dernière, le Directeur général a engagé la procédure
d’autorisation d’utilisation d’urgence des vaccins contre la mpox au titre du
protocole EUL, ce qui permettra aux pays à faible revenu qui n’ont pas encore
délivré leur propre approbation réglementaire nationale d’accéder plus
rapidement au vaccin. Le protocole EUL permet également à des partenaires, à
l’instar de Gavi et de l’UNICEF, d’acheter des vaccins pour les distribuer.
L’OMS collabore avec les pays et les fabricants de vaccins à
d’éventuels dons de vaccins et travaille en coordination avec ses partenaires
par l’intermédiaire du Réseau intérimaire de contre-mesures médicales en vue de
faciliter un accès équitable aux vaccins, aux traitements, aux produits de
diagnostic et à d’autres outils.
L’OMS prévoit un besoin de financement immédiat d’un montant
initial de 15 millions de dollars des États-Unis (USD) à l’appui des
activités de surveillance, de préparation et de riposte. Une évaluation des
besoins est en cours aux trois niveaux de l’Organisation.
Pour permettre une mise à l’échelle immédiate des efforts
déployés, l’OMS a débloqué 1,45 million USD de son Fonds de réserve pour
les situations d’urgence et pourrait avoir besoin d’en débloquer davantage dans
les prochains jours. L’Organisation lance un appel aux donateurs afin qu’ils
financent l’intégralité des besoins de la riposte à la mpox.
(OMS)
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