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Transports/ Entrée en vigueur du permis à point : le ciel n’est pas tombé sur la tête des populations Ivoiriennes !


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Publié le Ven 03 Mars 2023 385 Vue(s) [4 articles]


Transports/ Entrée en vigueur du permis à point  - le ciel n’est pas tombé sur la tête des populations Ivoiriennes !. Image utilisée à titre d'illustration (Akwabavision).

Le mardi 28 février 2023, veille du 1er mars, l’on a retenu son souffle à l’annonce de l’entrée en vigueur du permis à points, institué par le ministère des transports en Côte d’ivoire.

C’est que les transporteurs, par la voix de Soumahoro Mamadou, président de la maison des transporteurs de Côte d’Ivoire, avaient menacé de débrayer en représailles à ce projet. C’était à l’occasion d’une conférence de presse qu’il avait animée le 25 février 2023 à Abidjan : « Notre souhait n’est pas d’aller à une grève, mais si rien n’est fait, le 1er mars nous irons à un arrêt de travail, parce que trop c’est trop ! Nous avons soumis beaucoup de propositions, rien n’a été pris en compte par l’Etat. Nous avons demandé une prorogation du délai de mise en œuvre, mais nos préoccupations n’ont pas été prises en compte. Nous sommes déterminés à aller au bout. Nous estimons que le Gouvernement va revoir sa décision et faire face aux nombreux problèmes avant de mettre en application le permis à points », avait-il lâché. Même si l’orateur conscient des risques d’un conflit frontal avec le gouvernement sur cette question a pris des gants en brandissant d’autres prétextes, à la vérité la mesure qui allait rentrer en vigueur était la raison réelle de sa menace. Et pourtant…

 

Les grèves de transporteurs, un cauchemar pour l’économie ivoirienne

 

Dire que les Ivoiriens retiennent leur souffle, lorsque les transporteurs décident de débrayer est en réalité un euphémisme. A la vérité, en Côte d’Ivoire, le pouvoir de cette corporation n’est plus à démontrer. Surtout celui des acteurs privés qui exploitent les différentes lignes desservant les communes de la capitale économique et leurs sous-quartiers. Les taxis communaux appelés wôrô-wôrô et les minicars de transports en commun que l’on désigne sous le vocable de Gbaka assurent plus de 50% du trafic des abidjanais.

 

Lorsqu’ils observent un arrêt de travail, alors, tout est au ralenti. Toute l’activité économique à Abidjan est perturbée. Les bureaux et les commerces ne peuvent ouvrir convenablement. Même les travailleurs informels ne parviennent pas à se rendre sur leurs lieux de travail respectifs. Ceux qui ont le courage de braver les difficultés pour y aller doivent battre le pavé sur plusieurs kilomètres, à la descente, pour regagner leurs domiciles. Les intimidations que subissent les quelques acteurs modérés réfractaires aux mots d’ordre de grève et le climat d’insécurité qu’engendrent les violences qui sont faites à l’occasion de ces évènements, n’en parlons même pas.  Et c’est fort de ces appuis-là que les transporteurs ivoiriens ont estimé bon de mettre la pression sur leur ministère de tutelle, pour le faire reculer.  Alors que l’insécurité sur les routes en côte d’ivoire est à un niveau alarmant.

 

Et tout se passa bien, comme lettre à la poste…

 

 Selon les chiffres communiqués par le gouvernement ivoirien, en 2011 il y a eu 4007 accidents de la circulation pour 392 décès, pendant qu’en 2012 l’on passait à 7 375 accidents pour 488 décès. En 2013, 10 365 accidents ont occasionné 844 décès et en 2014 pour 8 262 accidents de la circulation l’on a déploré 816 décès. En 2015 il y a eu 10 632 accidents pour 883 décès, en 2016 le nombre de ces accidents est passé à 10 718 accidents pour 991 décès et 2017 à 11 743 pour 1 275 décès. Sur cette période, on note un total de 7 842 accidents pour 89 821 décès.

A ce décompte macabre il fallait mettre un terme, notamment en prenant des décisions courageuses. Etant donné que l’incivisme ne fait que croitre et ses conséquences aussi.

Par conséquent, comment comprendre qu’une belle initiative comme le permis a point qui met le conducteur devant ses responsabilités puisse faire l’objet d’une telle levée de boucliers ? Le gouvernement a décidé que chaque permis de conduire soit doté de 12 points désormais et que selon des manquements précis au code de la route ces points soient retranchés au conducteur jusqu’à épuisement de sa dotation. Alors il devra retourner se refaire former pour avoir à nouveau le droit de conduire sur la voie publique.

Le 1er mars 2023, sur l’autoroute du nord, dans les communes du Plateau et d’Adjamé, sur le boulevard François Mitterrand qui mène à Bingerville, sur le l’autoroute qui conduit à grand Bassam, nous avons fait l’heureux constat du respect de la discipline sur nos routes. Même si certaines vilaines habitudes à la peau dures seront observées, le constat global reste que les conducteurs ont accepté de se mettre au pas. Le ciel n’est donc pas tombé sur la tête des populations Ivoiriennes ! L’on a déploré moins de dégâts et c’est la Côte d’Ivoire qui gagne. Le permis à point est passé comme lettre à la poste. Pourvu que dans l’application quotidienne, chacun s’approprie sans arrêt la mesure.

 

Orso Kanon

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