Publié le Jeu 09 Mars 2023 367 Vue(s) [4 articles]
Ce 8 mars 2023, une jeune dame a subi une mésaventure sur l’autoroute pour avoir osé interpeller le conducteur du minicar de transport à bord duquel elle avait pris place pour Adjamé. Une altercation au sujet de l’usage du téléphone au volant par le conducteur lui a valu d’être violentée et ensuite déposée en pleine autoroute par le chauffeur, son apprenti et certains de ses camarades. Devant le silence complice des autres passagers…hélas !
Malheureusement, il en est ainsi ! Plus d’une semaine après l’entrée en vigueur du permis à point, il n’est pas exagéré de dire que l’incivisme refuse d’abdiquer pour laisser éclore une nouvelle mentalité sur les routes. L’incivisme a la peau vraiment dure, sous les tropiques. Sinon, comment comprendre cet enclin à la bagarre pour de simples avertissements, face à des comportements susceptibles de mettre en danger la vie de tous. En quoi est-il sage de fermer la ‘’gueule’’ devant une situation anormale ?
Quand on sait que, selon le gouvernement, en moyenne mille personnes perdent la vie du fait des accidents de la route chaque année dans notre pays, quand on sait que ces accidents sont plus du fait de l’imprudence des conducteurs que d’éventuels défauts techniques de leurs voitures ou encore de prétendus génies malfaisants sur les routes, où se trouve l’indécence à mettre en garde un chauffeur qui manipule son téléphone portable pendant qu’il a lancé sa voiture à vive allure ? Et ce n’est pas tout ! Les voitures qui roulent en sens inverse ou qui font des grandes manœuvres en pleine chaussée, les camions qui circulent sur la voie publique sans phares ou feux arrière pendant la nuit, ceux qui font les manœuvres dangereuses ou des dépassements sauvages qu’on qualifie de ‘’queue-de-poisson’’ etc…sont nombreux.
Ces chauffeurs qui aiment à prendre pour cibles les agents des forces de l’ordre, ceux qui refusent d’obtempérer quand ils sont sifflés dans la circulation etc…sont aussi nombreux

Et les auteurs de tels actes sont si nombreux qu’ils estiment que c’est leur compréhension des choses qui est juste. Ils traitent tous les policiers, gendarmes, agents des eaux et forêts ou des douanes de ‘’coupeurs de routes’’. Non qu’il n’existe pas de brebis galeuses dans ces corporations ! Mais certains se distinguent par leur droiture et leur professionnalisme. Rien que pour ceux-là, il serait mieux indiqué de faire la part des choses. Tout comme pour ces chauffeurs responsables qui gardent la tête froide pour conduire avec beaucoup de précautions sur la voie publique.
‘’ Une seule hirondelle ne fait pas le printemps’’ comme le dit l’adage. Un seul chauffeur respectueux du code de la route, un seul policier respectueux de son devoir et des limites de son mandat, un seul passager soucieux du péril dans lequel pourrait le conduire un chauffeur irresponsable à eux seuls ne sauraient changer grand-chose dans cet environnement où tout semble à l’envers. Il incombe à chaque citoyen de s’approprier les efforts de l’état en matière de moralisation de la vie publique pour que les choses changent.
‘’ Le chemin le plus long commence par le premier pas ‘’ comme dirait l’autre. Les ivoiriens peuvent ainsi commencer aussi, en interpelant chaque fois que cela est nécessaire, les auteurs des actes qui les maintiennent en arrière. Par exemple, le respect du code de la route permet un trafic sécurisé sur la voie publique. A défaut, ceux qui violent le code de la route exposent tout le monde à un danger certain.
Aussi, comme le suggère un juriste, la bonne attitude devant le mépris affiché des conducteurs réfractaires serait de porter plainte contre eux devant les tribunaux. Aux termes de l’article 393 du code pénal ivoirien « Constitue la mise en danger d'autrui, toute violation manifeste et délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement… ». Cette infraction est passible d’un emprisonnement d’un à trois ans et une amende de 300.000 à 3.000.000 de francs cfa. En l’espèce, les agissements ici décrits étant assimilables à la mise en danger de la vie d’autrui, les auteurs s’exposent aux sanctions qui en découlent.
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Les conduire à répondre de leurs actes devant le procureur de la république pourrait être aussi efficace que les radars dissimulés dans les voitures banalisées ou les caméras qui flashent les conducteurs indélicats.
Orso Kanon
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